VULCANO (Italie)

Longitude : 14° 962' Est
Latitude : 38° 404' Nord
Altitude : 500 m

le cratère de Vulcano Fossa (Italie) au premier plan, photo prise depuis l'île de Lipari
Vulcano Fossa observée depuis l'île de Lipari. Au second plan la bordure de la caldeira del Piano.
Photo Dominique Decobecq.

Vulcano, qui est l’'île la plus méridionale de l’archipel éolien, n'est séparée de Lipari, toute proche, que par un petit bras de mer d'environ 800 m et d'une profondeur maximale de 40 m. Une très belle description de ce volcan fut écrite par  Guy de Maupassant lors d'une visite qu'il fit en 1890 et la description du géographe Elisée Reclus, en 1865, nous montre une île sauvage, déserte où vivaient, à l'époque, quelques ouvriers qui extrayaient le soufre, comme actuellement au Kawah Ijen, en Indonésie.

L'île de Vulcano présente quatre édifices volcaniques individualisés avec du sud au nord : la caldeira del Piano, le complexe de Lentia, le Vulcano Fossa (le volcan actif) et Vulcanello.

Les dernières éruptions :

Selon les études historiques, les datations au K/Ar et au carbone 14 et l'archéomagnétisme nous pouvons référencer :

Vers 1200 A.D. (Apr. J.-C). une éruption se serait produite avec une coulée de trachyte

Une éruption s'est produite dans la fourchette d'âge de 1720 à 1739 pour former la coulée d'obsidienne de Pietre Cotte. Cette petite coulée d'obsidienne se trouve sur le flanc Nord-Ouest de Vulcano Fossa.L'ancien chemin (aujourd'hui interdit) pour monter au sommet passait près de cette coulée.

 La dernière éruption de Vulcano Fossa s’'est produite, en 1886, et dura trois ans. Elle fut très violente, aucune coulée de lave ne fut émise mais des explosions très importantes expulsèrent des blocs de lave de plusieurs m3 à des centaines de mètres de hauteur ; quelques projections retombèrent sur l’île de Lipari toute proche. Cette éruption fut prise comme modèle pour définir le dynamisme éruptif vulcanien : la pression importante des gaz magmatiques est accentuée par l’'eau qui imbibant le volcan est vaporisée par le magma.

L'activité fumerollienne de Vulcano

Ce volcan assoupi ne manifeste, depuis sa dernière éruption en 1886, qu'une activité fumerollienne : des gaz soufrés s’échappent des fissures situées sur la lèvre de Vulcano Fossa. Des rafales de vents permettent de s'’approcher des fumerolles et d’'y découvrir des merveilles, des sublimés, des aiguilles de soufre.
Une fumerolle est une bouche, une fissure, ou un évent d'’où s’échappent des émanations gazeuses. Très souvent quand un volcan actif ne présente pas d’'activité éruptive, il fait place à une activité fumerollienne. Celle-ci se manifeste soit par l’'émission de vapeur d’'eau, et de gaz de haute température comme le sulfure de dihydrogène (H2S), le dioxyde de soufre (SO2).

Le soufre
Le soufre se trouve donc associé très souvent aux fumerolles, sous la forme de sublimés très caractéristiques avec leurs fines aiguilles et fleurs de couleur jaune vif. La température de sublimation du soufre se situe vers 112 °C, mais celui-ci devient instable à une température inférieure. À la température de 200 °C, il est de couleur rouge cerise et à plus de 250 °C il présente une couleur brun noir.

La fossa de Vulcano avec au loin Lipari

Une fumerolle est donc très chaude et il faut s’en approcher avec précaution vis-à-vis de la température et des gaz acides. Il faut donc de bonnes chaussures résistantes (les baskets fondent) et protéger ses appareils photos.
Le soufre est associé à de nombreux volcans, ainsi, aux Antilles le mot soufrière est employé dans le nom de presque tous les volcans de la région (La Soufrière îles de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent, Soufrière de la Guadeloupe,...). Le volcan Kawah Ijen à Java, en Indonésie est connu pour son lac d’acide et pour son exploitation du soufre.
Sur Vulcano cette activité fumerollienne est fluctuante avec des augmentations de la température importante en 1921-1924 (500-600 °C) et surtout en 1987.

Vulcano et l'histoire de la volcanologie

Carte de Vulcano (Elisée Reclus, 1866)

Les philosophes grecs et romains connaissaient bien les volcans des îles Eoliennes avec le Vulcano (l’ancienne Hiéra, l'île sacrée d’Héphaïstos) et le Stromboli, ce phare naturel de la Méditerranée, qui était désigné du nom de torche par les Grecs. Pour expliquer le phénomène des volcans il est fait référence aux vents qui sont souvent présents près des volcans. Selon Aristote, l'air est le moteur de l’activité volcanique. Les vents s'engouffrent par toutes les cavités de la montagne et par leur force active sont responsables des tremblements de terre. Pour ce philosophe, les vents s’accumulent dans le sous-sol, et quand ils deviennent trop comprimés, ils ébranlent la surface de la Terre et parfois, sous le choc, les gaz s’enflamment et sont à l'origine des éruptions. Les savants grecs où romains reprendront, avec parfois quelques aménagements, cette théorie d’'Aristote.

 Ensuite, avec l’avènement de la chrétienté, les dieux présents dans les volcans laissent la place aux démons. Une lucarne du diable se trouvait justement à Vulcano où les démons avaient trouvé refuge après avoir été chassés de l’île toute proche de Lipari. L’Etna est le gouffre de l’enfer où s’est abrité Lucifer après avoir été chassé du ciel. Lors de sa fuite, alors qu’il est poursuivi par Saint Michel, il se laisse tomber dans l'’Etna et depuis des démons (les lambeaux de lave et les bombes volcaniques) jaillissent des cratères pour corrompre des âmes humaines. Du sommet de Vulcano Fossa par beau temps l'on peut voir l'Etna et tout l'archipel Eolien (Lipari, Salina, Panarea, Stromboli, Alicudi, Filicudi).

Le texte de découverte de Vulcano par Elisée Reclus en 1865

Références : Eruptions of the last 2200 years at Vulcano and Vulcanello (Aeolian Islands, Italy) dated by high-accuracy archeomagnetism par Simone Arrighi, Jean-Claude Tanguy et Mauro Rosi, Physics of the Earth and Planetary Interiors (2006) ,