Santorin
et le mythe de l'Atlantide (Grèce)

Latitude : 36, 40 °Nord
Longitude : 25, 40 °Est
Altitude : 564 m

Le volcan Santorin, composé aujourd'hui de cinq îles distinctes, se situe dans l'archipel des Cyclades au sud-est de la Grèce, il appartient à l'arc insulaire de la mer Égée, au même titre que les îles volcaniques de Methana, Milos, Kos et Nysiros. Véritable port naturel, le site de Théra, autre nom de Santorin, a une forme circulaire, qui correspond à la partie centrale effondrée d'un volcan (une caldeira), qui explosa vers 1490 ± 50 ans av. J.-C. Cette éruption fut une des plus importantes de l'Antiquité. Elle provoqua un cataclysme sur l'ensemble des côtes de ce secteur de la Méditerranée. Cataclysme vraisemblablement à l'origine du mythe de l'Atlantide et des nombreuses légendes et mythes contés dans les textes anciens.
 


Platon et le mythe de l'Atlantide

Platon philosophe grec, du quatrième siècle av. J.-C., nous raconte, dans un de ses récits (Critias et la Timée) :

« Or dans cette île, l'Atlantide, s'était constituée un empire vaste et merveilleux que gouvernait des rois dont le pouvoir s'étendait non seulement sur cette île toute entière, mais aussi sur beaucoup d'autres îles et sur les parties du continent. En outre, de ce côté-ci du détroit, ils régnaient encore sur la Libye jusqu'à l'Égypte et sur l'Europe jusqu'à la Thyrrénie.
Mais dans ce temps qui suivit, se produisirent de violents tremblements de terre et des déluges. En l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit funestes, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre, et l'île Atlantide s'enfonça pareillement sous la mer. De là vient, que de nos jours, là-bas, la mer reste impraticable et inexplorable, encombrée qu'elle est par la boue que, juste sous la surface de l'eau, l'île a déposé en s'abîmant. »

A la lecture de ce texte et des découvertes archéologiques réalisées sur l'île de Théra, de nombreux savants, archéologues, hellénistes et volcanologues pensent que l'Atlantide correspondrait à la civilisation minoenne, à la fin de l'âge du Bronze. Sa disparition serait due à l'explosion du Santorin vers 1645 ± 20 ans av. J.-C. Cet âge a été estimé en fonction :

Akrotiri, une ville antique ensevelie

On doit la découverte des premiers vestiges d'Akrotiri, "la Pompéï de l'âge du Bronze" dans l'île de Théra à l'ouverture d'une carrière à l'occasion des travaux du canal de Suez, en 1860. En effet, les pierres ponces de l'île avaient été choisies par les ingénieurs de Ferdinand de Lesseps pour réaliser les parois du canal.
Différentes poteries furent alors exhumées au fur et à mesure de la progression de l'exploitation. Ce n'est qu'en 1967 que débutèrent les fouilles systématiques du site sous la direction du Service Archéologique d'Athènes et d’un archéologue grec Spyridon Marinatos.

les ruines d'Akrotiri (photo Dominique Decobecq)

Il fallut alors dégager, sur plusieurs mètres d'épaisseur, le manteau blanc de pierre ponce résultat de l'éruption du Santorin vers 1645 ± 20 ans av. J.-C. Les travaux mirent à jour toute une cité antique datant de l'âge du bronze avec ses immeubles de 2 ou 3 étages, ses rues, ses magasins, ses fresques et de nombreux objets.

L'éruption minoenne

Vers 1645 ± 20 ans av. J.-C, après quelques prémices ayant fait fuir les habitants de l'île, le volcan Santorin explose et disparaît en grande partie à la suite de trois ou quatre grandes phases éruptives. Cette éruption projeta des pierres ponces et des cendres sur environ 60 m d'épaisseur autour du volcan et jusqu'à 900 km au sud. Le volume de ponces qui fut éjecté lors de cette explosion est estimé à 30 km3 . Ce volume est en accord avec l’effondrement de 300 m de la partie centrale du Santorin. L'éruption de type plinienne (en référence à Pline le Jeune qui décrivit dans deux lettres fameuses l'éruption du Vésuve, en 79 apr. J.-C.) créa un panache de cendres qui monta à près de 30 km d'altitude dans la zone de la stratosphère.
Cet effondrement créa une caldeira (non donné pour désigner un immense cratère d’effondrement) et qui explique la disposition circulaire (anneau incomplet de 8 km de diamètre et de 85 km2) des îles de Théra et de Thérasia en forme de croissant et l’ilôt Aspronisi qui sont les vestiges de l'île avant cette éruption.
Cette explosion et l'effondrement du volcan provoquèrent un gigantesque raz-de-marée qui ravagea l'ensemble des côtes de la Méditerranée causant certainement de nombreux dégâts aux cités installées sur les bords de la mer Méditerranée. Les cités toutes proches de la civilisation Minoenne en Crète furent certainement affectées par ce raz de marée. Ce raz-de-marée fut semblable à celui qui se produisit en 1883 au Krakatau, en Indonésie, et responsable de la mort de 30 000 personnes.
Théra (photo Dominique Decobecq)Certains phénomènes étonnants relatés dans la bible comme : l'ouverture de la mer Rouge puis l'engloutissement de l'armée du Pharaon et certaines des plaies d'Égypte (obscurcissement du ciel, famine) seraient à mettre en relation avec cette éruption.
Le Santorin avait déjà manifesté ce type d’activité cataclysmale, puisque depuis 400 000 ans les volcanologues ont recensés 12 éruptions ignimbritiques majeures.
 
 

Santorin toujours actif

Depuis son éruption cataclysmale vers 1490 ± 50 ans av. J.-C. le volcan Santorin n'a cessé de fonctionner avec de nombreuses éruptions. Après une période de repos supérieure à 1 400 ans, de nouvelles éruptions phréatiques et phréatomagmatiques se sont produites, donnant naissance à des petites îles, qui ont successivement émergé au centre de la caldeira et qui se sont parfois rattachées, telles Paléa Kameni (60 hectares et 98,5 m de hauteur) et Néa Kameni (340 hectares et 127 m de hauteur).

L'activité historique du Santorin
Gravure représentant l'éruption de 1866, par J.F.J. Schmidt (1874). Photo Dominique Decobecq

le volcan Néa Kameni. Photo Dominique Decobecq
Gravure représentant l'éruption de 1866, par J.F.J. Schmidt (1874). Photo Dominique Decobecq
Les dernières manifestations éruptives remontent à 1866-1870, 1925-1928, 1939-1941 et 1950 et se déroulèrent toutes à Néa Kameni. Actuellement, il y a des fumerolles à environ 100 °C et des sources chaudes en mer (but de promenade pour les petits navires).

Cette région également très secouée par les séismes correspond selon la tectonique des plaques à la zone d'affrontement entre l'Afrique et l'Europe. La plaque africaine plonge sous la plaque européenne dans un mouvement de subduction à l’origine de séismes et de volcanisme.



la bordure du volcan Santorin. photo D. Decobecq

D'autres îles grecques comme Lesbos, Kos, ou Nysiros sont aussi des volcans actifs mêmes s'ils sont aujourd'hui en sommeil.
Il existe aussi des volcans sous-marins qui parfois comme le haut fond volcanique de Kolumbos, à 7,5 km au N.E. de l’île, fut le siège d’une éruption en 1649-1650, dont les gaz toxiques ont fait 50 morts.

Bibliographie