LE PINATUBO (Philippines)
Latitude : 15° 13 Nord
Longitude : 120° 35 Est
Altitude : 1 600 m
Ce stratovolcan est situé à 100 km au nord-ouest
de Manille, la capitale des Philippines, dans l’île de Luzon. Le
volcan Pinatubo, ne figurait pas comme volcan actif dans les années
1990. Cependant, en avril 1991, après 600 ans de calme, le volcan
présente les premiers signes visibles d'une activité. Au
début celle-ci se limite à un panache de vapeur, avec quelques
émissions de cendres.
Chronologie des événements
Le 7 juin 1991, selon les données sismiques,
le magma fait son apparition en surface. Très visqueux il forme
sur le flanc nord-ouest un dôme de lave. Des nuages chargés
de cendres s’élèvent au-dessus du volcan. Des coulées
pyroclastiques descendent les flancs ouest nord-ouest et ouest du volcan,
suivant les lits des rivières jusqu’à 5 km de leur lieu d’émission.
Selon la carte des risques, 16 villages dans un périmètre
de 20 km autour du volcan sont menacés par l’éruption. Les
autorités du pays décident d’évacuer les 25 000 habitants
de la région.
Le 10 juin, la base américaine de Clark,
à 20 km au nord-est, est également évacuée
(14 000 personnes).
Le 12 juin, trois explosions de forte intensité
se produisent. La plus puissante propulse sur toute la zone nord-ouest,
ouest et sud-ouest des cendres et des ponces. Des coulées pyroclastiques
descendent le long des rivières principales jusqu’à 16 km
du cratère. Durant la nuit, de fortes explosions forment un panache
de cendres qui atteint 25 km de haut. Pendant trois jours les explosions
vont se succéder avec des colonnes éruptives atteignant 40
km de hauteur et des coulées de cendres et débris.
Le 15 juin c'est le paroxysme, le sommet du
volcan, qui culminait à 1 745 m, est pulvérisé et
une caldeira d’environ 2 km de diamètre se forme qui sera occupée,
ensuite, par un lac. En quelques heures 0,5 km3 de produits
pyroclastiques sont émis, avec un panache éruptif qui atteint
une altitude de 40 km. Manille est recouverte de cendres volcaniques et
son aéroport international est fermé pendant quatre jours.
L’activité éruptive persistera jusqu’à la fin
du mois d’août.
Pour voir des photos du Pinatubo, vous pouvez allez sur la page d'Alain
Catté sur le Pinatubo.
L'éruption du XXe siècle
Cette éruption, avec celle du mont St-Helens,
en 1980, (Etats-Unis) et celle du Bezymianny,
en 1956, en Russie, est la plus importante du XXe siècle.
En effet, c'est prêt de 3 km3 de tephra et 7 km3
de nuées ardentes et de retombées pliniennes de cendres et
de ponces qui ont émis. Les cendres et les ponces ont recouvert
toute la région sous une épaisseur de plusieurs mètres
près du sommet et jusqu’à 20 cm à 40 km de distance.
Dans les canyons, les dépôts atteignent jusqu'à 200
m d’épaisseur. Plus de 86 000 hectares furent ainsi recouverts de
cendres.
Des coulées de boue
Des coulées de boue furent déclenchées pendant et
juste après l’éruption du 15 juin par le cyclone Yunya, et
ensuite avec les pluies de mousson (juillet à octobre).
Depuis, l'éruption est terminée, mais les risques de
coulées boueuses sont très importants tout autour du Pinatubo.
En effet, les matériaux volcaniques (de volume important) dispersés
sur les flancs du volcan sont instables et facilement mobilisables. Lors
de la saison des pluies, les typhons les transforment en véritables
coulées boueuses, appelées également par le terme
indonésien « lahar », au pouvoir destructeur énorme.
De nombreux coulées de boue (plusieurs centaines par an) se sont
déjà répandues depuis 1991 rendant la région
inhabitable pour une bonne douzaine d’années.
Les conséquences
Cette éruption majeure a affecté près de 1,8 million
d’habitants mais a relativement fait peu de victimes (environ un millier)
au vu de la nature de l’éruption. La catastrophe fut évitée
car dès les prémices de cette éruption un plan d’évacuation
efficace concernant 250 000 personnes fut organisé par le Phivolcs
(Philippine Institute of volcanology and seismology) et l’ U.S.
Geological Survey, avec l'aide aussi d'une cassette vidéo des volcanologues
français Maurice et Katia Krafft. Cette
cassette, qui présentait les risques volcaniques, fut en effet visionnée
par les autorités puis dans les villages ce qui facilita les évacuations.
Les victimes (essentiellement parmi la tribu semi-nomade des Aetas, qui
vivaient sur les flancs du Pinatubo) ont été dues plutôt
aux maladies et épidémies contractées dans les centres
d’évacuation et les camps de réfugiés.
Conséquences sur le climat
Cette éruption a eu aussi un effet perceptible durant plusieurs
années dans tout l'hémisphère Nord. Les cendres injectées
dans la stratosphère, se dispersèrent et firent plusieurs
fois le tour de la Terre. Après l’éruption du Pinatubo il
y eut, d'ailleurs pendant plusieurs semaines, une série de magnifiques
couchers de soleil dans l’hémisphère Nord. La présence,
dans la stratosphère, d’un nuage de fines particules volcaniques
était perceptible car celui-ci accentuait la diffusion du rayonnement
solaire ce qui donnait un véritable flamboiement du ciel.
Il y eut donc une diminution de la température de 0,2 à
0,3 °C au sol durant 3 ans, mais avec une augmentation de la température
de 0,5 à 0,9 °C de la basse stratosphère. Ces effets
sur le climat furent également perçus suite aux éruptions
du Lakagigar en Islande
et de l'Asama au Japon en 1783, du Tambora
en 1815 et du Krakatau en 1883.
Benjamin Franklin, dès 1784, avait déjà
incriminé le Laki auquel il attribuait la brume épaisse
répandue dans l'hémisphère Nord, laquelle empêchait
de brûler un papier sombre à travers une loupe.
Références :
Pour voir le cratère du Pinatubo sur 360
° le site du National Institute of Geological Sciences : http://www.nigs.upd.edu.ph/mambo/index.php
Un site à voir
: celui de David Huguet, sur le sujet délicat et complexe des lahars.
Ce site en français est agrémenté de nombreuses photos
des différents types de lahars mis en place récemment. Le
site présente également l'étude des coulées
de boue qui se sont produites dans le massif du Cantal : http://www.brgm.fr/volcan/weblah~1/accueil.htm
