Montagne Pelée (Martinique)

Longitude :  61,17 O
Latitude :  14,82 N
Altitude : 1397 m
 

Le massif de la montagne Pelée situé au Nord de la Martinique est un strato-volcan  profondément entaillé par les rivières et connu pour son éruption du 8 mai 1902. Une nuée ardente détruit en quelques minutes la ville de Saint-Pierre.





Les phénomènes précurseurs de l'éruption de la montagne Pelée, aller sur ma page Prévision des éruptions volcaniques. Une autre page sur les deux survivants de cette éruption qui fit près de 28 000 victimes.

Les éruptions historiques :
En 1792, il se produit deux petites explosions d'origines phréatiques, mais sans grande conséquences.
Le 5 août 1851, les habitants sont réveillés par un grondement sourd. Le 6 août,  un panache de cendres blanchâtres arrosent une large zone entre les villes du Prêcheur et de Saint-Pierre. La Rivière Claire, affluent de la Rivière Blanche, charriait de la boue et des troncs d’arbres.
Le 9 août il se produit encore des grondement et des coulées boueuses.
Une commission de notables constate l'existence de trois bouches à 900 m d’altitude sur le flanc Sud-Ouest, au-dessus des sources de la Rivière Claire. Quelques mois plus tard le phénomène s'arrête.

Le 8 mai 1902
Le sommet est alors occupé par une  cuvette (dont le plus grand axe atteint 1000 m) parfois remplie d'eau : l'étang Sec. Cette cuvette est cernée par une muraille hérissée de crêtes, dont le Morne Lacroix qui culmine à 1351 m.  La caldeira de l'étang Sec  présentait, à l'aplomb des sources de la rivière Blanche, une échancrure, appelée " barrage " de l'étang Sec : l'enceinte de 150 à 200 m de haut tout autour de la cuvette se réduisait, à cet endroit, à une trentaine de mètres.

En moins de deux minutes, la nuée ardente descend de la montagne Peléee à une vitesse de 400 à 500 km/h. L'onde de choc détruit tous les murs de Saint-Pierre mis a part quelques murs parallèles à la direction du volcan. La ville brûle sous l’effet de la haute température de la nuée ardente et de l’embrasement des entrepôts des rhumeries.

Les barriques de rhum à St-Pierre. (Photo-Repro D. Decobecq)
Les navires ancrés dans la baie chavirèrent ou furent incendiés. Un seul d’entre eux, le Roddam, put s’échapper avec 120 tonnes de cendres sur ses ponts : « je puis donner ce chiffre comme exact, dit le capitaine de ce vaisseau fantôme qui finit par atteindre Sainte Lucie, car je ne fus pas autorisé à jeter ces matériaux dans le port ; un chaland de 20 tonnes dut prendre six chargements complets ». À part quelques dizaines de marins plus ou moins gravement brûlés accrochés aux épaves, les 28 000 habitants de Saint-Pierre et ses environs étaient morts. Dans la ville même il n’y eut que deux survivants : un prisonnier du nom de Cyparis, protégé par les murs épais du cachot où il avait été enfermé, et un modeste cordonnier dont la maison était particulièrement bien abritée.. La principale cause de décès fut l’inhalation massive de cendres chaudes, obstruant et brûlant les voies respiratoires. Contrairement à ce qu’on dit souvent, aucune trace de gaz toxique n’a pu être détectée. Il n’est pas sûr non plus que la mort ait été instantanée. Sans doute un grand nombre de malheureux furent-ils écrasés sous les décombres ou frappés par les débris de toute sorte transportés par la nuée ardente, mais pour beaucoup d’autres la torture dura de longues minutes. Quelques-uns des rescapés survécurent des jours, voire des semaines, avant une issue fatale.
Après l’éruption meurtrière du 8 mai, l’activité de la Montagne Pelée a continué avec des alternances de calme relatif et d’autres paroxysmes.
La ville de St-Pierre détruite. (Repro D.Decobecq)

Le 20 mai, une énorme nuée ardente, en tous points comparable à celle du 8, parachève la destruction de Saint-Pierre et fait pleuvoir une grêle de ponces jusque sur Fort-de-France, y déclenchant la panique. Nouveaux phénomènes éruptifs violents les 26 mai, 6 juin et 9 juillet, tandis que le dôme de lave, formé d’andésite à 62 % de silice, continue de grossir dans la caldeira de l’Etang Sec.

Le 30 août trois nuées successives se déversent non seulement vers Saint-Pierre, mais aussi vers le sud-est, accroissant la zone de dévastation. Plus d’un millier de personnes qui venaient de réintégrer la région du Morne Rouge sont tuées, portant le nombre total des victimes à 29 000.

À partir de novembre le sommet du dôme est percé par une curieuse aiguille de lave dont la croissance, entrecoupée d’éboulements et de destruction partielle, atteindra l’altitude maximale de 1617 m, soit plus de 300 m au-dessus des bords du cratère. Quelques mois plus tard, pourtant, ce monstrueux obélisque était effondré. Parallèlement au développement du dôme continuèrent des explosions verticales et latérales moins violentes. L’une d’elles, le 16 décembre 1902, manqua d’engloutir la mission scientifique dirigée par Alfred Lacroix, à qui l’on doit la définition du terme « nuée ardente ». Ces phénomènes ne prirent fin qu’en juillet 1905, tandis que d’abondantes fumerolles continuaient de s’échapper du dôme.

Une nouvelle phase éruptive se déroula de 1929 à 1932, semblable à la seconde période de la précédente. Les nuées ardentes furent confinées à la vallée de la Rivière Blanche et aucune n’atteignit Saint-Pierre. Un second dôme de lave se souda à celui de 1902, remplissant presque complètement l’ancien cratère de l’Etang Sec, tandis que ses éboulis et les dépôts de nuées faisaient disparaître peu à peu toute trace de la Rivière Blanche
 

Pour aller plus loin sur la montagne Pelée avec internet :

- Le site du B.R.G.M. Antilles
http://www.brgm.fr/risques/antilles/guad/v1902.htm
offre une information sur l’éruption de 1902, avec une carte de risque

- Le site de l’observatoire Volcanologique de la Montagne Pelée http://geoscope.ipgp.jussieu.fr:8080/martinique/stationmar.html
présente quelques informations et une image du volcan actualisée tous les ¼ d’heure.

 - Le site de l’Académie de la Martinique
http://www-peda.ac-martinique.fr/svt/geol7.shtml
aborde l'historique du volcan avec quelques circuits géologiques et une découverte de la flore locale.

- La Montagne Pelée
http://perso.wanadoo.fr/dmo/martinique/montpelee/html/sommaire.htm
Ce site très documenté comporte cinq rubriques : Les signes (précurseurs), L’éruption, La Pelée, Images et Glossaire.

- Découvrez la montagne Pelée actuelle avec des photos de ce volcan :
http://www.mount-pelee.com.

-  L’éruption de la montagne Pelée
http://membres.lycos.fr/sp1902
site impressionant avec des enregistrements sonores de « complaintes » de la catastrophe.

- Des photos prises par le capitaine du Destrees, Albert Lemée, arrivé à Saint-Pierre peu après le 8 mai :
http://daniel.lemee.free.fr/martinique

Bibliographie :
D. Westercamp, H. Tazieff (1980) – Martinique, Guadeloupe, St-Martin, La Désirade. Guides Géologiques Régionaux, Masson.