LE MONT CAMEROUN, « Le char des Dieux » (Cameroun)

Longitude : 9° 170' Est
Latitude : 4° 203' Nord
Altitude :   4095 m

Présentation :
Le massif volcanique du mont Cameroun est installé sur un horst constitué de terrains métamorphiques et plutoniques anté-tertiaires. Une forêt tropicale recouvre les flancs du massif avec parfois des « clairières » dues à des coulées de lave émises il y a plusieurs siècles. Plus d’une centaine de cônes adventifs, essentiellement situés sur le versant Sud-Ouest et sur l’axe Nord-Est--Sud-Ouest du massif, sont dénombrés. Ces cônes ont parfois émis des coulées de lave. Le nom du mont Cameroun vient des portugais qui en découvrant en 1472 au fond de la baie de Biaffra, l’embouchure du fleuve Wouri où se trouvait une abondance de crevettes, qu’ils baptisèrent ce fleuve « Rio dos Cameros », après plusieurs siècles le nom qui nous reste est Cameroun. Ce volcan est allongé selon une direction Sud-Sud-Ouest/Nord-Nord-Est sur 70 km, pour 40 km de large soit un volume d'environ 1200 km3. Il culmine au pic Fako, point culminant du Cameroun et d’Afrique Centrale. Le mont Cameroun émet des basaltes alcalins des hawaiites et des mugéarites. Ce volcanisme de la série alcaline ainsi que les autres volcans de la « ligne du Cameroun », correspond à un volcanisme intra-plaque

Sur le mont Cameroun où la pluviométrie est élevée (près de 15 m par endroit), on peut distinguer, en fonction de l’altitude et de la pente, quatre zones :

Les éruptions historiques du Mont Cameroun
Selon l’ouvrage de référence Volcanoes of the World de Tom Simkin et Lee Siebert (1994), les éruptions historiques recensées au Mont Cameroun sont : - 450, 1650, 1807, 1825, 1838, 1852, 1865, 1866, 1871, 1909, 1922, 1925, 1954, 1959, 1982, 1999.
Nous reprenons, en les aménageant, des éléments de l’ouvrage de Bernard Gèze, Géographie Physique et Géologie du Cameroun Occidental, suite à une mission réalisée en 1939 et publiée en 1943 (Mémoire du Muséum National D’Histoire Naturelle, tome XVII, fascicule 1, p. 1 à 272). Des incertitudes avaient été relevées par Bernard Gèze et qui n’apparaissent plus, pour certaines d’entre-elles, dans Volcanoes of the World.

- 450 : un texte, vieux de 25 siècles, d’un général carthaginois, Hannon, serait, pour plusieurs historiens, la première citation du massif volcanique du Cameroun. Hannon décrit ainsi le paysage :
 « Nous côtoyâmes une terre odoriférante et embrasée, d’où sortaient  les torrents de feu qui se précipitaient dans la mer. Le sol était si brûlant que les pieds ne pouvaient en supporter la chaleur. Nous nous éloignâmes au plus vite de ces lieux, et nous continuâmes notre voyage. Pendant quatre nuits la terre nous paru couverte de feux, du milieu desquels s’en élevait un qui semblait atteindre jusqu’aux astres. Au jour nous reconnûmes que c’était une haute montagne nommée "Char des Dieux".

Ensuite, selon Bernard Gèze, il n’existe plus de références historiques jusqu’au XIXe siècle.
 

La Ligne du Mont Cameroun
Le Mont Cameroun appartient à une suite d’appareils volcaniques et subvolcaniques d’âge post-Crétacé, qui s’alignent selon la direction Nord 30° Est, dite « ligne du Cameroun ». Cette ligne, longue de 1600 km, est parsemée sur toute sa longueur de massifs volcaniques et de complexes annulaires (ces structures plus anciennes que les massifs volcaniques correspondent aux « racines » de volcans aujourd’hui érodés. Du Sud-Ouest au Nord-Est, cette ligne comprend :


Les première ascensions du Mont Cameroun
En 1841, l’expédition d’Allen avait atteint le pied du mont Cameroun, et l’un de ses membres, Roscher, avait découvert la nature basaltique de la baie de Victoria. En 1847, Merrick était monté jusqu’aux pâturages des hautes croupes du Mont Cameroun.
La première ascension ne fut réalisée qu’en 1861 par une caravane comprenant l’explorateur anglais Burton Calvo et le botaniste allemand Mann, qui avait déjà exploré les régions moyennes de la montagne. Comber en fit la deuxième ascension, puis le tour en 1877 et découvrit, à son pied Nord, le lac Barombi-Bakoto, revu la même année par Thomson et en 1878 par Ross.

Bibliographie :