Le Piton de la Fournaise (île de la Réunion)

Latitude : 21°22 Sud
Longitude : 55°71 Est
Altitude : 2631 m
 
 

L'île de la Réunion

Le Piton de la Fournaise

L'histoire du cratère Dolomieu

Le sommet du Piton de la Fournaise

Les éruptions du Piton de la Fournaise

Le Piton des Neiges

Les zéolites de la Réunion

Les liens avec la Fournaise


 


  

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L’île de la Réunion

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L’île de la Réunion d’une taille de 50 de large à 70 km de long, dans l’océan Indien, émerge à plus de 3 070 m d’altitude au Piton des Neiges, un ancien volcan. Heureusement, pour les volcanologues et pour le tourisme, le Piton de la Fournaise (2 631 m), le volcan-bouclier situé au sud-est de l’île, se réveille parfois.
Ces deux volcans reposent sur le plancher océanique du bassin des Mascareignes, à - 4 200 m de profondeur (pour un diamètre moyen à la base de 200 à 240 km). Ainsi, la partie émergée de la Réunion ne représente environ qu’un trentième du volume (600 millions de km3) de l’ensemble (immergé et émergé). De ce fait l’on ne connaît que l’histoire géologique récente de cette île. D’ailleurs, un volcan sous-marin à la suite de campagnes bathymétriques a été découvert à l’est du Piton de la Fournaise.
    Ce volcanisme dit intraplaque est dû à ce que l’on appelle un point chaud. C’est-à-dire une remontée du manteau continue dans le temps et fixe dans l’espace, actuellement à 300 km environ au sud-ouest de la Réunion, que perce la croûte océanique, que elle se déplace. Ce point chaud est très important puisqu'il serait à l'origine de la formation au Crétacé du plateau basaltique du Deccan (Inde).Le Piton de la Fournaise, avec au loin le piton des Neiges. photo Dominique Decobecq

Le Piton de la Fournaise

Le massif volcanique du Piton de la Fournaise qui culmine à 2631 m occupe le tiers sud-est de l’île de la Réunion. C’est le volcan actif de l’île. Le piton de la Fournaise a commencé à s’individualiser il y a 500 000 ans. Aujourd’hui, le volcan se trouve à l’intérieur d’une très grande caldeira d’effondrement (9 x 13 km), profonde de 100 à 300 m, l’enclos Fouqué, qui est elle-même recoupée, à l’est, par une autre dépression, en forme de U, le Grand Brûlé (8 x 13 km), qui descend jusqu’à la mer. Le survol de ce site lunaire permet de voir que l’enclos Fouqué est cerné, du côté ouest, par une autre caldeira, plus ancienne, la Plaine des Sables.
Le mot caldeira vient des îles volcaniques des Canaries et désigne un chaudron. En volcanologie, ce terme définie une vaste dépression de forme plus ou moins circulaire due à l’effondrement de la partie centrale d’un appareil volcanique. Il existe en fait deux grands types de caldeiras :

  • La première est due à une volumineuse émission de magma riche en silice (ponce), comme celle qui s’est produite à Crater Lake il y a 6 600 ans, à Santorin vers 1600 av. J-C, au Krakatoa en 1883 et plus récemment au Pinatubo. La dépression ainsi formée est d’une dizaine de km de diamètre en moyenne.

  • La seconde est le résultat, comme au Piton de la Fournaise, au Kilauea et au Mauna Loa Hawaii, à l’Erta Alé en Ethiopie, ou au Kartala aux Comores, de la “vidange” d’un petit réservoir magmatique proche du sommet. Le plus souvent le magma migre vers le flanc du volcan lors d’une éruption fissurale. Ce vide souterrain provoque en surface un puits (pit crater) de quelques dizaines à centaines de mètres de diamètre. C’est la coalescence dans le temps de plusieurs de ces puits qui constitue une grande caldeira de plusieurs km de diamètre.

La pente du Grand Brûlé. Photo Dominique Decobecq

Au centre de l’Enclos se trouve un édifice volcanique d’une hauteur de 400 m par rapport au plancher de la caldeira. Le sommet de ce cône est plat et présente deux cratères sommitaux : à l’ouest le Bory (350 sur 200 m), déjà présent lors de la colonisation de l’île, et à l’est le Dolomieu (1 000 sur 700 m), qui est apparu en 1766.  Le nom Bory fait référence à Bory de Saint-Vincent, qui fut le premier, en 1802, à décrire scientifiquement le piton de la Fournaise et à réaliser la première carte des coulées de la Fournaise. 

Les éruptions de la Fournaise 
Les éruptions, depuis 1800, se produisent soit dans les deux cratères sommitaux du cône central soit à l’intérieur de l’enclos Fouqué. Cependant, en 1977, une éruption fissurale se produisit hors de l’enclos Fouqué, et un village, Piton-Saint-Rose, fut détruit, en partie, par une coulée de lave. Un observatoire volcanologique fut donc créé deux ans plus tard à une vingtaine de km du volcan dans la Plaine des Cafres. En 1986, une nouvelle éruption fissurale a lieu hors de l’enclos Fouqué et elle détruisit quelques habitations du village de Tremblay.
       Ce volcan, malgré ses nombreuses éruptions, n’est pas dangereux car il émet des laves fluides. Les coulées émises sont soit des basaltes aphyriques (les minéraux présents ne sont pas visibles à l'oeil nu) ou des basaltes à olivine (les océanites). Les plages de la Réunion sont d’ailleurs constituées d’un sable noir à vert, reste de cristaux d’olivines que l’érosion a démantelés de leur gangue de lave.
 

  •     Après une période d’inactivité de plus de cinq années et demie (entre 1992 et 1998), le Piton de la Fournaise est de nouveau un des volcans les plus actifs de la planète avec le Kilauea, l'Etna et le Stromboli. Depuis l’éruption de mars 1998 (196 jours), 13 éruptions se sont ainsi produites  :  
     

 Pour suivre dans le détail les éruptions de la Fournaise, ma page spécifique :

Les éruptions de la Fournaise

Le sommet du piton de la Fournaise
Une route emmène sans difficulté au “pas de Bellecomble”, où se trouve un refuge. Ce site surplombe l’enclos Fouqué et permet, quand il n’y a pas de brouillard, de découvrir le cône terminal. 

La montée vers le cône central, avec ses deux cratères sommitaux : le Bory et le Dolomieu. Photo Dominique Decobecq

    Avant de gravir le sommet de la Fournaise il faut au préalable descendre dans l‘Enclos par le sentier du rempart de Bellecomble, ce qui permet d’observer l’empilement de coulées de lave. Au pied de la paroi débute un chemin balisé par de larges bandes de peintures blanches. Ce balisage insistant fut réalisé pour prévenir l’égarement des randonneurs. En effet, les nuages peuvent très vite arriver et remplir l’Enclos, et comme le fond de la caldeira est plat sans aucun repère il est très facile de se perdre. 
    Le sentier passe au bout de quelques centaines de mètres près d’un petit cône de scorie le Formica Léo puis arrive sur un petit édifice allongé d’une dizaine de mètres de hauteur, la “Chapelle de Rosemond”. C’est un “hornito” dû à l’accumulation le long d’une fissure éruptive de paquets de lave fluide. A l’intérieur les murs sont lisses et vitrifiés avec des stalactites de lave. 

Le Formica Léo  et un arc en ciel. Photo Arlette Lorenzi. le 18/08/2003

 De la “chapelle” débute le circuit. A droite, nous nous dirigeons vers le sommet. Celui-ci est un cône tronqué présentant deux cratères en puits (pit crater) : le premier, à l’ouest, est le Bory (350 sur 200 m) avec un fond plat, il existait déjà lors de la colonisation de l’île. En continuant le sentier l’on arrive au cratère Dolomieu. Celui-ci beaucoup plus vaste, est apparu en 1791 ; à l’époque c’était un trou de 40 m de profondeur pour 200 m de diamètre avec un lac de lave. Depuis, il n’a fait que se combler, puis s’effondrer ! 

Voir ma page sur l'histoire et l'évolution du cratère Dolomieu et du cratère Bory
En suivant le bord du Dolomieu on observera des fissures d’effondrement parallèles aux lèvres du cratère. 
Les premiers jours d'éruption, il est le très souvent interdit de descendre dans l'Enclos. Le temps pour l'observatoire et les autorités d'appréhender la nature de l'éruption. Si l'éruption dure et que le danger est mesuré, l’accès à l’Enclos peut être autorisé. Un balisage est parfois réalisé jusqu'à une zone de sécurité. Cependant, l’accès à l’intérieur du cratère Dolomieu est interdit de manière permanente depuis l'arrêté préfectoral du 11 septembre 1992.

Le chemin redescend ensuite vers la Chapelle de Rosemont en traversant des coulées lisses (pahoehoes) et des coulées à blocs (aa) ainsi que des fissures éruptives radiales par où les laves ont pu s’épancher. 
 
 

Le Piton des Neiges
    Ce volcan-bouclier érodé constitue les deux tiers nord-ouest de l’île de la Réunion. D’un diamètre à la base d’environ 50 km il culmine à 3 070 m. Son activité volcanique a commencé vers - 5 millions d’années et elle se serait terminée il y a 12 000 ans. Ce volcan aurait émergé vers 2,1 millions d’années. 
    La partie centrale est entaillée par trois importantes dépressions en forme de fer à cheval ouvert sur l’océan : les cirques de Mafate (au nord-ouest), de Salazie (au nord-est) et Cilaos (au sud). Ces cirques cernés de parois abruptes sont difficiles d’accès et il n’existe aucune communication entre eux, mis à part quelques sentiers de randonnées. Le fond de ces cirques, constitué de produits pyroclastiques, est creusé par un réseau hydrographique important qui donne à l’ensemble un relief tourmenté. 

Les remparts du cirque de Salazie. Photo Arlette Lorenzi.

Le piton des Neiges, même s’il ne se manifeste plus, mérite largement un détour. En effet, les randonnées sont nombreuses et elles permettent d’être dans le cœur d’un volcan bouclier: sur plusieurs milliers de mètres de hauteur c’est une succession de coulées de basalte à olivine (océanite) entrecoupées par des lames verticales de lave, les anciens filons d’alimentation du piton des Neiges : les dykes. Au-dessus des océanites, sur quelques centaines de mètres, nous découvrons des basaltes, des hawaites, des mugéarites, des benmoréites, des trachytes et des commendites.On remarquera également des sills, intrusions magmatiques horizontales; elles n’ont pu arriver en surface et le magma a cristallisé complètement pour donner des roches dites plutoniques (ce sont, ici, le plus souvent des roches claires, des syénites). 

Les zéolites
Les laves les plus anciennes du piton des Neiges, au pied des cirques, présentent en inclusion des zéolites : famille d’une trentaine de minéraux, certains très fragiles. Certaines espèces (mordénite, natrolite, thomsonite...) par leur aspect soyeux, cotonneux, fibreux, en aiguilles blanches (stilbite) ou en cube (chabazite) sont recherchées par les collectionneurs de minéraux. Les plus belles zéolites proviennent des basaltes du plateau du Deccan en Inde  Les zéolites proviennent d'altérations hydrothermales quand sur des stratovolcans en train de s’assoupir la chambre magmatique se refroidit lentement et diffuse des gaz riches en fluides qui se déposent dans les vacuoles et le long des fissures lors de leur montée dans l’édifice volcanique. Ces vacuoles vont également se “remplir” de calcite, d’aragonite et d’opale. 

Pour en savoir plus sur la Réunion grâce à Internet :

Le Piton de la Fournaise, volcan actif, est un facteur d'émulation pour les internautes Réunionnais, qui nous proposent de nombreux sites de photos (surtout sur l'éruption de 1998) et de découverte sur cette île magnifique avec son volcan.*

- Le site magnifique de Paul Edouard de Lajartre avec des photos des dernières éruptions de la Fournaise. Certaines images sont stupéfiantes. Pour se rincer l'oeil sur les splendides éruptions de la Fournaise : 
- http://www.delajartre.com/

-  le site d'autres passionnés de ce volcan : le C.D.D.V.
 http://www.cddv.net

Le site de Annick et Frédéric Marce dédié à la Fournaise :
 http://site.voila.fr/fredanikr

- http://www.cybercable.tm.fr/~regnier/reunion.htm

- http://perso.club-internet.fr/dito/reunion/reunion.htm

- http://www.guetali.fr/volcan/06-2000/default.htm

Des photos sur l'île de la Réunion  : http://perso.club-internet.fr/acatte/Reunion.htm

avec la société  Imaz Press Réunion : 
 http://www.ipreunion.com 
 

 Un observatoire volcanologique, géré par l'Institut de Physique de Globe de Paris, surveille, depuis 1980, le Piton de la Fournaise : 
http://volcano.ipgp.jussieu.fr:8080/reunion/stationreu2.html

On y trouve des renseignements sur son historique, l’équipe qui le gère, la carte des épanchements laviques de 1972 à 1998, l’implantations des réseaux de surveillance sismique et géophysique, et des informations sur l’éruption de mars 1998. 

Pour suivre les éruptions du Piton de la Fournaise et leurs impacts au jour le jour, parfois plus rapidement que sur le site de l'observatoire volcanologique :  le journal de l’île de la Réunion: http://www.jir.fr/.

Le site d'un lycéen, Benoit Fragnol, un jeune passionné des volcans, mais qui a déjà réalisé son site sur le piton de la Fournaise, avec l'interview de Jean-François Lénat, l'un des volcanologues spécialistes de la Réunion : http://www.passionvolcans.fr.st
 

Pour imaginer la Réunion en poésie : ma page sur un poème de Marie Illianeck : Tomber Île

Pour voir des images ( de très belles images) sur les éruptions de la Fournaise, il faut regarder  les cassettes ou DVD d'Alain Gérente : 

  • Il était une fois  ... La Fournaise (Vol 1). Présente les éruptions entre 1972 et 1986,  comprenant en particulier 2 films de 26 minutes réalisés avec Maurice Krafft, 90 min (2001).

  • 1998 : l'éruption du siècle (Vol 2). Cette éruption dura 6 mois et demi, 70 min (2001).

  • Les éruptions de l'an 2000 (Vol 3) par Alain Gérente. Cette cassette montre les parties les plus spectaculaires des 5 éruptions qui se sont déroulées en 1999 et 2000, 70 min, (2001).

  • 2001 l'odyssée de La Fournaise(Vol 4) par Alain Gérente. Cette vidéo montre les 2 grandes éruptions de l' année 2001 et une réunion avec les anciens guides qui ont parcouru la Fournaise entre les années 1940 et 1970, 65 min, (2001).

  • Eruptions en mer (Vol 5) par Alain Gérente (2003)
    Ces 5 films sont totalement différents en ne montrant dans chaque éruption que les événements inhabituels. Pour commander les films d'Alain Gérente :
    42, avenue Bourbon, 97434 Saint-Gilles-les-Bains, La Réunion, France. Ou par email : alain.gerente@wanadoo.fr et le site pour plus d'explications : www.alaingerente.com

Bibliographie :
- Etude pétrographique et géochimique des volcans de la Réunion par Pierre Nativel, Jean-Louis Joron et Michel Treuil, Bulletin de la Société géologique de France, 1979, t XXI, n° 4, pp. 427-440.
- La Réunion, île Maurice, géologie et aperçus biologiques, par L. Montaggioni et P. Nativel, Guides géologiques régionaux, éditions Masson (1988).
- Nouveau schéma d'évolution volcano-structurale du massif du Piton des Neiges (île de la Réunion) par Philippe Rocher, Géologie de la France, n°2-3, pp; 157-162, 1988.
- Le volcanisme de la Réunion (Monographie) (1990), sous la direction de J.F. Lénat, Centre de Recherches Volcanologiques. Clermont-Ferrand.

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