L’Erebus qui culmine à 3 794 m sur l’île
de Ross, est le volcan actif le plus au Sud de l’hémisphère
Sud (il se trouve à 1 380 km du pôle Sud). Son activité
est quasi-permanente. L'Erebus a comme caractéristique d’avoir un
lac de lave.
Un observatoire américain surveille ce
volcan.
C’est en 1841, que sir James Ross à la
tête de deux navires L’Erebus et la Terror découvre
après la barrière de Ross un volcan présentant une
forte activité avec des nuages de vapeurs et de cendres.

« Une fois notre train de vie organisé,
nous songeâmes à l’Erebus. L’ascension de cette montagne avait
été considérée comme très difficile,
voire comme impossible. L’importance des résultats scientifiques
que procurerait cette escalade me décida de tenter l’aventure. Je
confiai cette mission au professeur David, à Mawson et à
Mackay. pour leur prêter assistance, une seconde escouade, composée
d’Adams, de Marschall et de Brocklehurst, devait les suivre aussi loin
que possible. De fait les deux groupes parvinrent au sommet du volcan.
Le premier jour, la caravane campa, au
prix de grands efforts, à 11 km environ des quartiers d’hiver et
à l’altitude de 825 m. Le lendemain matin, au départ le thermomètre
marquait – 23,3 °C. Pendant cette seconde journée les explorateurs
gravirent de difficiles pentes de neige sillonnées de dépressions
creusées à leur surface par le vent La distance couverte
fut seulement de 4 800 m ; en revanche, on atteignit l’altitude d’environ
1 665 m. L’état des roches près du second camp indiquait
que l’Erebus avait dû très récemment émettre
un petit courant de lave.
Après avoir laissé sur ce
point un dépôt, les deux escouades repartirent chargées
de trois jours de vivres. Cette troisième journée les amena
à l’altitude de 2 625 m, par une température de – 28,8 °C
sous zéro.
La nuit suivante, un blizzard éclata,
et, le lendemain, augmenta encore de violence. La continuation de l’ascension
étant impossible par un pareil temps, les explorateurs demeurèrent
blottis dans leurs sacs de couchage...

...Le lendemain, les explorateurs purent poursuivre l’ascension. Dans cette région, ils eurent à se livrer à de périlleuses escalades ; en traversant un passage scabreux, peu s’en fallut que Mackay ne fit une chute mortelle. Finalement, mes camarades atteignirent le bord de l’ancien cratère surmonté dans sa partie méridionale par le cône principal en activité. Perchés sur ce rempart de roc noir, la caravane dominait à pic un large et profond fossé creusé par les blizzards dans l’épaisseur de la neige qui remplissait la caldeira. Le campement fut établi dans un petit ravin ouverts sur les flancs du cône principal, à environ 15 m en contre-bas du rebord de la caldeira. Là seulement on put procéder à l’examen des pieds de Brocklehurst qui, depuis quelque temps, se plaignait de les avoir insensibles. On découvrit alors que ses orteils étaient déjà noirs et que tous les autres doigts avaient été également « mordus », mais moins gravement...Tout le monde s’employa à rétablir la circulation dans les membres inférieurs du patient ; après quoi, il fut installé dans un sac de couchage ; puis les autres se dirigèrent vers de curieux monticules épars au milieu de la nappe de neige qui couvrait l’ancien cratère. Ces monticules se trouvaient autour d’évents volcaniques. Dans les pays tempérés, ces fentes dégagent des fumerolles, tandis qu’ici ces émanations de vapeurs d’eau, dès qu’elles arrivent à la surface, se solidifient et l’entassement de leurs produits avait peu à peu crée ces monticules. La coloration jaunâtre de fragments de glace décelait la présence de gaz sulfureux dans ces dégagements.
Le lendemain, les explorateurs s’acheminèrent
vers le cône terminal en activité, à travers des champs
de neige verglacé et des plages de cristaux de feldspath et de ponces.
La gêne que les hommes éprouvaient à respirer en raison
de l’altitude et de la basse température ajoutait aux difficultés
de l’ascension et la rendait très lente. Enfin grâce à
leur énergie, mes camarades arrivèrent au sommet de cette
cime que nul auparavant n’avait foulée.
Devant eux s’ouvrait un large abîme
rempli d’un nuage de fumée et de bruits effrayants. C’était
d’abord, pendant quelques minutes, un halètement formidable comme
la respiration de quelque locomotive géante, puis un grondement
étouffé, roulant dans les profondeurs de la montagne ; après
quoi sortaient d’énormes globes de vapeur qui allaient rejoindre
le panache de fumée flottant au-dessus du cône. Une pénétrante
odeur de soufre brûlé prenait aux narines. Soudain une légère
brise refoule les nuages de vapeur et, aux yeux étonnés de
mes camarades, l’intérieur du cratère actif apparaît
dans toute son étendue. D’après leurs observations, sa profondeur
peut être évaluée à 240 ou 270 m et sa plus
grande largeur à 800. Au milieu, trois fentes semblables à
l’orifice du puits livraient passage à des fumerolles. Au sommet
du cône, en face le point où se trouvait la caravane, des
lits de ponce noire alternaient avec des strates de neige. Là des
petits jets de vapeur sortaient du sol ; il est donc probable que la neige
reposait là sur des assises chaudes et se transformait en vapeur."
