Longitude : 15°;
12’ Est
Latitude : 38°;
47’ Nord
Altitude : 923 m
Le Stromboli, dans les îles Eoliennes, ou îles Lipari, au nord-ouest de la Sicile, présente, depuis plus de 3 000 ans, des explosions et parfois, des coulées de lave dévalent ses pentes. Le Stromboli est ainsi dénommé le phare de la Méditerranée. En effet, par cette activité le Stromboli, ainsi que le volcan Vulcano (également dans les îles Eoliennes, avec Salina, Panarea, Filicudi et Alicudi) quand il était en éruption, constituaient des repères bien visibles pour les navigateurs grecs et étrusques ; ces derniers se savaient proches de la Sicile.
Ainsi, Ulysse au cours de son errance débarque, après
s’être échappé du Cyclope, sur l’île du roi Éole.
Homère décrit (chant X) ce royaume comme une " île
qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle
tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel ".
Homère situe aussi sur l'île du roi Eole l’ouverture par où s’échappent les vents. Pour certains philosophes Grecs comme Aristote, et cette idée perdura jusqu’au 18e s., les vents provenaient des cratères des volcans.

L'île d'une superficie de 12,2 km2 abrite deux villages : Ginostra au sud-ouest, accessible que par la mer, et Villagio Stromboli, plus important, sur la côte est. La population de 300 personnes en hiver, passe l'été à plusieurs milliers de personnes.

Le paléostromboli, la partie la plus ancienne du Stromboli.
Photo Dominique Decobecq.
Le Vancori, l'édifice le plus ancien et point culminant (923 m), est ouvert, sur son flanc nord-ouest, par une large échancrure en forme de fer à cheval, qui se prolonge sous la mer.
Le Vancori (le vieux volcan) vu depuis la Cima. Photo Dominique Decobecq
C’est là que se trouve à 750 m d’altitude le cratère
actif d’environ 300 m de diamètre. Ce cratère actif se présente
comme une plate-forme sur laquelle s'ouvre les bouches explosives et parfois,
selon l'activité, des petits cônes et des hornitos. La morphologie
de ce cratère (forme et nombre de bouches) est en continuelle évolution
en fonction de l’activité éruptive. Actuellement il y a 2
bouches particulièrement actives depuis la fin du mois de juin 2003,
l'activité explosive au niveau des
cratères sommitaux a repris.
L'observation le 15 avril 2004, montre que la bouche 1 (le cratère
Nord-Est) présente une explosion toutes les 20 à 30 minutes,
avec une colonne de cendres et de bombes très verticales montant
à une
centaine de mètres de hauteur. La bouche 3 (le cratère
Sud-Ouest) présente également des explosions, mais d'ampleur
beaucoup plus réduite, avec des petits panaches de poussières
s'élevant des murs du cratère.
Les éboulements, par intermittence, au niveau de la Sciara se
produisent toujours. Un éboulement important en 8h d'observation.
L'accés au sommet est toujours interdit.Possibilité de monté
jusqu'à 240 m sans guide, jusqu'à 420 m avec un
guide.(dernières observations en avril 2004).
Parfois, des coulés de lave sont émises qui dévalent
le flanc Nord-Est : la Sciara del Fuoco. Une des montées vers le
sommet du Stromboli longe cette Sciara del Fuoco. Lors des explosions,
que nous pouvons observer lors de cette ascension, les bombes volcaniques
tombent sur cette Sciara et elles arrivent jusqu'à la mer.
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Pour les pétrographes : les roches du Stromboli sont caractéristiques
d’une série calco-alcaline pour les laves anciennes
Le Strombolicchio au nord-est du Stromboli est le reste d'une cheminée
volcanique d'un ancien volcan, qui est daté de 200 000 ans.

Cependant, le dynamisme éruptif du Stromboli peut changer. Il
peut se produire parfois des explosions beaucoup plus importantes. L’une
des plus fortes fut celle qui se produisit le 11 septembre 1930, l’île
se souleva de plusieurs mètres et des blocs de plus de 30 tonnes
retombèrent sur des maisons du village de Ginostra qui se trouve
quand même à 2 km des cratères.
De nombreux naturalistes
(Spallanzani,..) et écrivains (Maupassant,...)
ont décrit ce phénomène.
Ces glissements de pente, comme sur l’Etna, sont les zones fragiles du volcan où vont s’injecter les dykes d’alimentation des bouches.
Le nouveau Stromboli ?
Le 28 décembre 2002, à 18h30 (heure locale), l'activité séculaire du Stromboli se modifie brusquement. Une très forte explosion recouvre de cendres le village de Stromboli. La paroi nord du cratère Nord-Est du Stromboli s'effondre et se présente, encore actuellement avec une forme en V. Des coulées de lave sont émises depuis une fissure sous le cratère Nord-Est. Elles dévalent la Sciara del Fuoco et arrivent en mer en 30 minutes. Cette activité avec émission de coulées de lave s'est déjà produite en 1967, 1975 et 1985-86, mais elle n'a jamais été trop longue (au maximun 4 mois).
Le 30 décembre 2002, un nouveau phénomène apparaît avec, à 13h15 et 13h22, deux glissements de terrain de plusieurs millions de m3 de blocs et de cendres depuis une zone dans la Sciara del Fuoco et emportant la coulée émise depuis le 28 décembre. Après un retrait de la mer, des vagues de plusieurs mètres de haut blessent 6 personnes sur l’île tout en provoquant des dégâts importants, avec des murs fracassés, des habitations littorales de Stromboli et à Ginostra. Le glissement s'est prolongé également dans le versant sous-marin provoquant un raz-de-marée dont la vague s'abat sur les maisons en bord de mer. L'onde de choc se propage jusqu’à Panarea, où 5 bateaux sont endommagés, et à Milazzo (à 60 km de distance), où un pétrolier, en cours de déchargement, rompt ses amarres sous l’effet de la vague et perd un peu de fuel. Les précédents tsunami à Stromboli avaient été observés en 1930, 1944 et 1954.
Le 1 janvier 2003, l’île est presque complètement évacuée (vers Lipari) sauf par une quarantaine d’habitants qui refusent énergiquement de partir, estimant que le risque éventuel ne justifie pas une telle mesure et son accès, bien sûr, strictement interdit. L’armée est sur place avec une surveillance permanente par hélicoptère.
Par la suite les coulées de lave s'épanchent
à partir d'un évent situés à 500 m d'altitude,
mais la pente est si forte que le front de coulée ne se stabilise
pas et des blocs s'éboulent jusqu'en mer. Avec ces éboulements
de la coulée il y avait d'autres éboulements depuis une zone
proche de celle effondrée du 30 décembre.
En revanche aucune activité explosive aux cratères
sommitaux. Quand au matin du 5 avril 2003...
L'explosion du 5 avril 2003
Le 5 avril 2003 à 9h12 (heure locale) un paroxysme se produit au cratère Nord-Est mais aussi au cratère Sud-Ouest. Un panache de plus d’un kilomètre de haut s’élève au-dessus du sommet. Des blocs tombent sur Ginostra, au sud, endommageant deux habitations. Un bloc de 20 t tombe près du sentier d'ascension, à 600 m d’altitude. Sa vitesse d’éjection a été calculée entre 290 et 390 km/h. Le panache est important, chargé en cendres qui s'effondrent et provoquent des écoulements pyroclastiques. Toute la zone sommitale fut entièrement recouverte par plusieurs dizaines de centimètres de blocs, et de cendres.
Depuis la fin du mois de juin 2003, l'activité explosive au niveau
des cratères sommitaux a repris. L'émission de coulée
de lave s'est terminée vers le 21-22 juillet 2003.
L'observation en avril 2004, montre que la bouche 1 (le cratère
Nord-Est) présente une explosion toutes les 20 à 30 minutes,
avec une colonne de cendres et de bombes très verticales montant
à une centaine de mètres de hauteur. La bouche 3 (le cratère
Sud-Ouest) présente également des explosions, mais d'ampleur
beaucoup plus réduite, avec des petits panaches de poussières
s'élevant des murs du cratère. Les éboulements, par
intermittance, au niveau de la Sciara se produisent toujours. Un éboulement
important en 8h d'observation.
Explosion strombolienne le 15 avril 2004. Photographie Dominique
Decobecq

Attention, il n’y a pas d’eau et les nuits, même l’été
et malgré ce spectacle ardent sont très fraîches et
ventées.
Suite à l'explosion paroxysmale du 5 avril 2003, un décret
a été établi par la Protection Civile et la commune
de Lipari.
L’ascension au sommet est de nouveau permise (été 2005)
mais pas en individuel. Il faut passer par des guides , qui partent avec
leur groupe de plusieurs dizaines de personnes vers 17 h. On peut sans
guide monter qu'à 400 m d’altitude. Le guide est en relation
par radio avec le centre d'observation volcanologique. Des caméras,
des observateurs, des carabiniers et même un hélicoptère
surveillent les mouvements non du volcan mais plutôt des randonneurs.
Retour dans la nuit, prévoir un frontale, de l'eau, des vêtements
chauds et de quoi se loger avant le retour vers minuit. Une nouvelle route
a té ouverte depuis plus d'un an elle part depuis l'église
de San Vincenzo et monte à travers les vallons sauvages au-dessus
du village. Ce chemin rejoint ensuite l'itinéraire classique vers
La Sciara del Fuego.

Le volcanisme fut d’abord lié à la subduction de la plaque
Afrique et a débuté à l’Oligocène (30 millions
d’années) en Sardaigne puis s’est déplacé dans l’arc
Eolien et aussi en Campanie et vers Rome. Puis il y a 10 millions d’années
est apparu un volcanisme d’extension, et une croûte océanique
s’est mise en place au centre de la mer Tyrrhénienne. Cette accrétion
d’une croûte océanique a commencé au Tortonien supérieur
(Miocène terminal) près de la marge sarde et s’est propagée
vers l’est durant le Pliocène et le Pléistocène. La
présence de plusieurs volcans sous-marins comme les volcans Vasilov,
Marsili (actif) en est le témoignage. Nous sommes devant un volcanisme
d’arrière-arc.
Les liens sur le Stromboli :
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Références :
A. Finizola (2003) : Crise éruptive 2002-2003 à Stromboli,
pp.
13-21, Revue LAVE N° 102.
A. Renzulli et P. Santi (1997) : Sub-volcanic crystallisation at
Stromboli (Aeolian Islands, Southern Italy) preceding the Sciara del Fuoco
sector collapse : evidence from monzonite lithic suite. Bulletin Volcanologique
59, pp 10-20.
P. Manetti and J. Keller editors ( 1993) : The island of Stromboli
: Volcanic History and Magmatic Evolution (Acta Vulcanologica, Vol
3).