Ce volcan se situe au nord de la chaîne des Cascades (avec d'autres volcans comme le mont Rainier, le mont Adams, le mont Baker, le mont Garibaldi...) dans l’état de Washington, aux États-Unis, à 70 km au nord des villes de Vancouver et de Portland. Les indiens l’appelaient la montagne de feu. Il fut redécouvert par Vancouver en 1792. La première ascension remonte à août 1853, par Thomas J. Dryer. Selon les études volcanologiques le mont Saint-Helens avait eu des activités historiques en 1800, 1831, 1836 et sporadiquement entre 1842 et 1857.
L’éruption de 1980

Le 27 mars 1980, après plus d’un siècle
de repos, le mont Saint-Helens se réveille et un petit cratère
se forme au sommet. Des explosions de vapeurs commencent le 22 avril. Le
7 mai il se produit une explosion de cendres et de vapeur.
Le 18 mai 1980, à 8h32, le mont Saint-Helens
(2 950 m de haut à l’époque) entre violemment en éruption.
Le déroulement de cette éruption put être reconstitué
par les nombreux témoins autour du volcan. En quelques secondes,
à la suite d’un fort séisme, tout le flanc nord du volcan
s’affaisse et provoque une avalanche de débris de 2 km3.
Celle-ci s’engouffre dans la vallée de la rivière Toutle
et fait déborder le lac Spirit et des coulées de boue dévalent
dans les vallées.
L’intrusion magmatique (un cryptodôme de dacite), qui est située
à quelques centaines de mètres de profondeur, est à
la suite de cet énorme glissement de terrain brusquement dépressurisée.
Des fragments de toutes tailles fusent et jaillissent en gerbes au sommet
du volcan. Il se produit une explosion brutale qui est dirigée vers
le sud, c’est ce que l’on appelle un blast. Des milliers d’hectares
de forêts de pin Douglas (le diamètre des troncs à
la base est de 1 à 2 m) sont cassés comme des allumettes.

Le sommet du volcan laisse échapper une puissante colonne de
blocs, pierres ponces et cendres. En quelques minutes, la colonne atteint
la hauteur de 40 km et s’étale en forme de pin parasol. Vers midi,
les régions à l’est du volcan, sont paralysées par
la pluie de cendres, pierres ponces et poussières qui tombent sans
arrêt.
Les rivières Toutle nord et sud sont submergées de coulées
de boue. Elles charrient d’énormes troncs d’arbres et des blocs
qui détruisent les ponts, coupent les routes et fracassent les habitations.
Les vagues de boue atteignent la rivière Columbia qui déborde.
La vallée est comblée par 150 mètres de dépôts.
La coulée de débris est surmontée par les coulées
de ponces, les lahars et les nuées ardentes qui l’ont suivie. Sa
morphologie caractéristique présente de larges panneaux et
débris rocheux de toutes sortes arrachés au volcan formant
des collines allongées que les volcanologues appellent du mot indien
“hummocks”.
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Le sommet du volcan décapité par l’éruption
a perdu 400 m (altitude 2 549 m) et s’est creusé d’un large cratère
(ou caldeira) en fer à cheval, profond de 600 m. Dans un angle de
120 degrés et à 10 km au nord du volcan, la topographie a
totalement changé. L’ancienne vallée est comblée
par 150 m de dépôts et plus de 38 000 hectares de forêts
ont été fauchés ne laissant que des collines arides
et grises. Suite à l'évacuation de la zone on ne dénombra
"que 57 victimes".
Par la suite, plusieurs phases explosives vont se
produire et dès le début du mois de juillet au fond du cratère,
un dôme extrusif va croître lentement, qui sera plusieurs fois
démantelé par des explosions. Il atteint aujourd’hui une
hauteur de 260 m pour un diamètre proche du kilomètre. Cette
éruption est identique à celle qui se produisit en 1956,
au Bezymianny situé au Kamchatka,
en Russie.

Des études sont menées depuis cette éruption pour suivre la régénération et colonisation de ce territoire ravagée en quelques secondes.
La nouvelle éruption du 2 octobre
2004
Depuis une quinzaine de jours, depuis le 23 septembre, une éruption
était préssentie. En effet, des essaims de séismes,
tout d'abord de très faible amplitude, se sont accrus le 25 septembre
où une dizaine de secousses de magnitude M 2 à 2,8 avait
été enregistrées. Le 27 septembre l'activité
simique s'accroît lentement toute la journée. Les séismes
sont localisés en surface et à l'intérieur du dôme.
Le 1er octobre le niveau sismique augmente encore avec 3 à 4 événements
par minute et certaines secousses dépassent une magnitude de 3,3
avec toujours une localisation dans le dôme. Les données GPS
montrent un gonflement général de 7 cm.
Une petite partie dome de lave a sauté à 12:03 heure
locale et l'activité a duré 24 minutes. Un panache de cendres
et de vapeur est monté à 3 km de haut puis s'est dirigé
vers le SSW vers Portland et la côte Pacifique. Le lieu d'éruption
est localisé au sud du dôme, où il est recouvert par
de la glace et des blocs provenant des parois du cratère principal.
Certainement ce type d'activité va recommencer dans les jours et
les semaines à venir.

Indications et conseils
Devant le gigantisme de l'éruption il faut plusieurs jours
pour découvrir l'impact de cette éruption. En sachant que
parfois la météo n'est pas fantastique, il faut donc
attendre ou aller à « Ape cave », un tunnel de
lave aménagé (des lampes à gaz sont fournies) ou dans
l'un des trois « visitors centers ».
Pour monter au sommet : un seule possibilité, le flanc
sud. Il faut également de la chance (surtout le samedi et le dimanche)
car le nombre de randonneur est limité à une cinquantaine
de personnes par jour. Il faut s'inscrire la veille, chez Jack’s (Climber
registre), un bar-épicerie où vers 18 h a lieu le fameux
tirage du loto pour l'ascension.
Pour jouer chez Jack's : de l’autoroute 5, prendre la sortie
n° 21 et la route 503, vers Cougar et au bout d'une trentaine de km
vous passerez devant chez Jack's.
Pour partir tôt le matin un camping sommaire au pied du
volcan et au départ du sentier à 1 100 m d’altitude. Le sentier
est bien balisé et démarre dans une forêt de pins Douglas,
puis après une heure c'est le début de la véritable
montée. L'on arrive au bout de quelques heures à la lèvre
du cratère à 2 549 m avec une vue surplombante sur le dôme.
La vue est magnifique avec au loin les autres volcans de la chaîne
des Cascades : le monts Rainier, Adams, Hoodd.

Complément :
L'observatoire des Cascades
étudie en continu ce volcan.
