Longitude : 14°
95’ Est
Latitude : 38°
48’ Nord
Altitude : 593,7
m
Lipari, située dans la mer Tyrrhénienne, est la plus grande île (36 km2) de l’archipel Eolien (Vulcano, Stromboli, Panarea, Salina, Filicudi, Alicudi). Cette île volcanique prend assise à 2 000 m de profondeur et culmine à 600 m d’altitude. Cependant, entre Vulcano et Lipari, la profondeur maximale n’est que de 40 m. Lipari forme avec Vulcano et Salina un ensemble volcanique aligné le long d’une structure tectonique régionale de direction Nord Nord-Ouest-Sud Sud-Est. L’activité sismique ainsi que l’analyse des structures dévoilent donc une tectonique cisaillante.

L’activité volcanique de Lipari
Lipari est l’une des trois îles de l’archipel
éolien (avec Vulcano et Stromboli)
a avoir eu une activité éruptive durant les temps historiques.
Ainsi, une des plus belles coulées d’obsidienne au monde, celle
du mont Pilato, se mit en place entre 650 et 850 apr. J.-C. Cette coulée
est à l’origine de la légende selon laquelle saint Calogerus
aurait chassé de l’île les démons et l’enfer. Mais
ceux-ci se seraient réfugiés dans le cratère de Vulcanello
à Vulcano. Lipari est connu depuis fort
longtemps pour ses roches puisque au paléolithique s’y trouvait
un important centre d’exploitation de l’obsidienne, un verre volcanique.
En faisant le tour de Lipari il sera possible
de ramener aussi pour sa salle de bain de la pierre ponce.
Toutes ces roches très différenciées
témoignent d’une histoire très complexe. Selon Pichler (1980)
il y eut quatre grandes périodes à Lipari :
La première période
Elle forme la base de l’île. Ce sont des
laves et des tuffs et les laves les plus anciennes découvertes ont
été datées à 223 000 ans. Deux grands volcans
se sont alors installés. Avec au nord le Monte Chirica-Costa d’Agosto
(un cône pyroclastique) et au cœur de Lipari Monte S. Angelo, l'actuel
point culminant de l'île (593,7 m)..
La deuxième période
Les volcans de Chirica-Costa d’Agosto et de monte
S. Angelo présentent une activité terminale avec des effondrements
volcano-tectoniques et un arrêt de l’activité puisqu’apparaît
des paléosols et des surfaces d’érosion.
C’est ensuite une importante activité
explosive surtout au volcan S. Angelo. Cette activité explosive
en association avec un lac a donné des coulées de boue.
La troisième période
Il y a encore un temps de calme dans l’activité
volcanique, puis une reprise des éruptions, qui sont essentiellement
sous-marines. Des dômes de rhyolites se mettent en place au sud de
Lipari. Ces structures furent ensuite masquées par la mise en place
de deux autres dômes : le monte Giardina et le monte Guardia. Cet
événement se serait produit il y a environ 22 000 ans.

La dernière période,
C’est la plus visible, elle se caractérise
au nord-est de l’île par des coulées d’obsidienne et des coulées
de ponce. Quatre cycles ont été repérés :
- le cycle de Canetto Dentro qui a émis
une petite coulée d’obsidienne ;
- le cycle de Gabellotto-Fiume Bianco, qui a
émis la coulée d’obsidienne de Pomiciazzo (datation entre
11 400 et 8 600 ans) ;
- le cycle de Forgia Vecchia ;
- le cycle de Monte Pilato-Rocche Rosse (le dernier)
entre 650 et 850 apr. J.-C.
Tous ces cycles présentent le même
processus : d’abord une violente explosion et pour terminer une coulée
d’obsidienne est émise.
Bibliographie essentielle :
H. Pichler (1976) : Carta geologica dell’isola
di Lipari
H. Pichler (1980) : The island of Lipari.
Rend. Soc. Ital. Mineral. Petrol., 36 (1), p. 415-440.
