Le Genêt
Ou
La fleur du désert
La Ginestra
O
Il fiore des deserto
(Extraits de ce très long poème)
Par Giacomo Leopardi (1798-1837)
(Canti) Chants (extraits du Chant XXXIV)
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Ici, sur l’aride échine du terrible mont, l’exterminateur Vésuve, là où nul autre arbre ou fleur n’égaie, tes touffes solitaires se répandent tout autour, odorant genêt, T’accommodant des déserts. Autrefois, je vis tes tiges embellir les régions sauvages qui ceignent la cité. Là où la dame du temps mortel, et de l’empire perdu avec son aspect grave et taciturne fait un signe et rappelle le voyageur. Or, je te retrouve sur ce sol, tristes lieux d’un monde aimant abandonné, et des fortunes affligées toujours le compagnon. Ces champs jonchés de cendres infécondes, et couverts de lave pétrifiée qui sous les pas du pèlerin résonne ; Où se niche et se love au soleil La vipère ou le lièvre Retrouve le terrier caverneux qu’il connaît ; Heureuses furent les maisons et les campagnes, Et blondirent les épis, et résonnèrent Les meuglements des troupeaux ; Furent jardins et palais, Aux loisirs des potentats Agréables séjours ; et furent des cités célèbres Que les torrents de la fière montagne Depuis ses bouches ignées engloutirent Avec tous ses habitants. Aujourd’hui, partout Ce ne sont que des ruines Où tu vis, ô gracieuse fleur, en ayant presque pitié des épreuves des autres, au ciel Tu répands une douce odeur de parfum, Qui console ce désert. Qu’à ces plages Vienne celui qui a l’habitude d’exalter Notre état, et voit combien De notre genre prend soin L’aimante nature. Et sa puissance Il pourra la mesurer En estimant la semence humaine, Que la sévère nourrice, peut imprévisiblement, D’un léger mouvement détruire En partie, et d’un seul geste A peine plus léger soudainement Anéantir en totalité Sur ces rivages Le monde des êtres humains Les magnifiques destins et progrès … Et toi, lent genêt
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Qui su l’arida schiena
Del formidabil monte Sterminator Vesevo, La qual null’altro allegra arbor nè fiore, Tuoi cespi solitari intorno spargi, Odorata ginestra, Contenta dei deserti. Anco ti vidi De’ tuoi steli abbellir l’erme contrade Che cingon la cittade La qual fu donna de’ mortali un tempo, E del perduto impero Par che col grave e taciturno aspetto Faccian fede e ricordo al passaggero. Or ti riveggo in questo suol, di tristi Lochi e dal mondo abbandonati amante, E d’afflitte fortune ognor compagna. Questi campi cosparsi Di ceneri infeconde, e ricoperti Dell’impietrata lava, Che sotto i passi al peregrin risona ; Dove s’annida e si contorce al sole La serpe, e dove al noto Cavernoso covil torna il coniglio ; Fur liete ville e colti, E biondeggiàr di spiche, e risornaro Di muggito d’armenti ; Fur giardini e palagi, Agli ozi de’potenti Gradito ospizio ; e fur città famose Che coi torrenti suoi l’altero monte Dall’ignea bocca fulminando oppresse Con gli abitanti insieme. Or tutto intorno Una ruina involve, Dove tu siedi, o fior gentile, e quasi I danni altrui commiserando, al cielo Di dolcissimo odor mandi un profumo, Che il deserto consola. A queste piagge Venga colui che d’esaltar con lode Il nostro stato ha in uso, e vegga quanto È il gener nostro in cura All’amante natura. E la possanza Qui con giusta misura Anco estimar potrà dell’uman seme, Cui la dura nutrice, ov’ei men teme, Con lieve moto in un momento annulla In parte, e può con moti Poco men lievi ancor subitamente Annichilare in tutto. Dispinte in queste rive Son dell’umana gente Le magnifiche sorti e progressive … E tu, lente ginestra
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Traduction : Arlette Lorenzi, Chantal Coudray, Dominique
Decobecq
