HISTOIRE DE LA VOLCANOLOGIE

Vésuve

C'est avec l'éruption du  Vésuve en 1661, qui était assoupi depuis plus de 500 ans, et l’éruption de l’Etna , en 1669, qui détruisit une partie de la ville de Catane, qu'apparaît un regain d’observations dont certaines sont publiées dans les livres.
Les interprétations sur l’origine des volcans s’inspirent toujours de la théorie d’Aristote sur le rôle des vents qui s’engouffrent dans les cavités. Cependant, Descartes, en 1664, propose que la Terre est un ancien Soleil en train de se refroidir lentement en diffusant sa chaleur. Ainsi le jésuite, Athanasius Kircher, dans son livre, Mundus Subterranus, édité en 1665, où les dessins interprétatifs sont nombreux, montre une Terre avec un feu central, communiquant avec des réservoirs intermédiaires, qui alimentent en surface les volcans. Sur une carte Kircher a positionné la dizaine de volcans connus.
Evolution du cratère du Vésuve par William Hamilton. Photo Dominique Decobecq.
 Le moteur des éruptions n’est pas encore résolu, puisque pour Buffon, en 1749, c’est un feu causé par la combustion de charbon ou bien de pétrole et par le fermentation des pyrites.

Heureusement, au XVIIIe s. certains naturalistes sont plus curieux, comme cet ambassadeur anglais William Hamilton, qui publie, en 1776, “Campi Phlaegraei, Observations on the Volcanos of the Two Sicilies”, où sont rassemblés les notes et les croquis qu’il a réalisé sur le “terrain” de 1764 à 1798.
 

Quelques années plus tard, en 1795, un autre ouvrage, celui de Spallanzani relate ses observations sur les volcans siciliens (Stromboli,Vulcano,Etna) et ses essais de fusion de morceaux de basalte pour connaître l’origine de la lave.

De cette époque nous avons aussi de nombreuses peintures dont les gouaches napolitaines.
 

Les Plutonistes et les Neptunistes

 Une vive polémique apparaît au XIXe s. chez les premiers géologues, elle oppose les Neptunistes (ils attribuent l’origine des volcans à l’action de l’eau sur des pyrites, ces dernières enflammeraient les couches de charbon qui vont fondre les roches encaissantes) aux Plutonistes (cette école considère qu’il existe à une cinquantaine de km de profondeur une masse fluide en fusion, qui arrive parfois en surface). De cette polémique naît une autre querelle, qui va durer une cinquantaine d’années, entre les géologues pour qui les cratères sont dus à un soulèvement du sol et ceux qui pensent plutôt que le volcan se construit par accumulation successive des produits issus des explosions. La sortie en 1831 de l'île de Julia en Méditerranée, fut une révélation et changea les idée sur ce thème. Ainsi, Constant Prévost, le géologue français qui aborda cette île peut vérifier qu'elle est bien née de l'accumulation de cendres autour de la bouche éruptive.
 

Piton de la Fournaise

 Les voyageurs deviennent plus nombreux et le Vésuve est le volcan le plus  étudié, certains voyageurs sillonnent les mers. En 1804, un français Bory de Saint-Vincent publie un livre “Voyages sur les mers d’Afrique” avec la première carte volcanologique du Piton de la Fournaise.
 
 

Alexandre Humboldt est le grand voyageur qui marquera le XIXe s. Partit en 1799 il reviendra en Europe en 1804, après avoir remonté l’Orénoque, parcouru le Mexique, gravit le volcan Guagua Pichincha et le Chimborazo, considéré à l’époque comme la plus haute montagne (6 310 m) en Equateur. Toute sa vie il exploitera les données recueillies lors de cette expédition. Humboldt recense, en 1846, dans son ouvrage Cosmos,  407 volcans.  L'île de Santorin avec ses nombreuses éruptions au XIXe siècle est l'objet de nombreuses études de la part de géologues comme Johan Friedrich Julius Schmidt, Kaarl von Seebach, Fernand Fouqué.  Du fait que le Vésuve est toujours si actif est dangereux, un observatoire volcanologique est créé en 1841, où sont mis au point les premiers sismomètres.

L'éruption du Santorin en 1866, par Johann Friedrich Julius (1874). Photo Dominique Decobecq

Le Krakatau

 Deux grandes éruptions vont marquées la fin du XIXe s. et préparer l’ère de la volcanologie moderne.
C’est tout d’abord en 1883, l’éruption du Krakatau en Indonésie. Ce cataclysme, qui ravagea les côtes de Java et de Sumatra, causant la mort de plus de 30 000 personnes suite au raz de marée provoqué par l’éruption, sera ressenti jusqu’en Europe. Cette éruption par son ampleur est le sujet de nombreuses études hollandaises, anglaises et françaises. Des monographies réalisées uniquement sur cette éruption sont publiées. Les études s’intéressent à analyser l’éruption, comme l’ouvrage de Roger Verbeek, mais aussi aux phénomènes liés à cette éruption comme l’onde de choc, les effets climatiques,... que l’on trouve dans l’ouvrage pluridisciplinaire mené par l’Anglais John Judd. A la suite de cette éruption les savants de l'époque redécouvrent et étudient l'éruption du Tambora en 1815, qui eut des influences sur le climat de l'hémisphère Nord.
 

La Montagne Pelée

L’autre grande éruption, sera celle de la  Montagne Pelée, en Martinique, qui se produit le 8 mai 1902
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l'aiguille de la Montagne Pelée au loin

Une nuée ardente dévale du volcan et détruit en quelques secondes la ville de Saint-Pierre, il y a près de 30 000 victimes et deux survivants (Ciparis et Léon Compère). C’est un choc en métropole, en pleine essor économique. Cette éruption sera d’ailleurs médiatisé avec la publication de photographies de la catastrophe dans les journaux. Alfred Lacroix est dépêché par l’Académie des Sciences pour analyser le pourquoi de cette catastrophe. Deux ans plus tard Lacroix publie un livre monumental, encore de référence, et contribue à la création d’un premier observatoire volcanologique en Martinique.