Fuji-Yama ou Fuji-San (Japon)

Latitude : 35° 21’ N
Longitude : 138° 43’ E
Altitude : 3 776 m

Estampe japonaise représentant le mont Fuji sous la neige. Photo Dominique Decobecq

 Ce strato-volcan, le symbole du Japon (son altitude de 3 776 m en fait la plus haute montagne du Japon) est également dénommé Huzi, Huzi-san, Fuji-San (non mortel), Fugaku.
Le Fuji-Yama (dont le nom signifierait aussi « il n’y a pas d’autres montagnes comme celle-ci », se situe au centre de l’île de Honshu près de la côte orientale. C’est un stratovolcan, caractéristique du volcanisme de subduction, dont la forme est celle d’un cône bien symétrique, dont la base a un diamètre de 30 km pour un volume de 870 km3. Plus d’une centaine de cônes adventifs, ou cône de cendres, caractéristiques d'éruptions de type strombolienne (nom tiré du Stromboli dans les îles Eoliennes, ou îles Lipari) parsèment les flancs du Fuji.

Carte postale du Fuji-Yama au début du XIXe siècle. Document Dominique Decobecq

Voir des images du Mont Fuji.

Le sommet présente un cratère de 700 m de diamètre pour une profondeur de 100 m. Une quinzaine d’éruptions se seraient produites entre 781 et 1083 apr. J.-C. puis en 1511, et 1560. La dernière éruption se déroula en 1707 avec l’apparition du cratère Hoeizan sur le flanc sud-est du mont Fuji. Le Japon vit ainsi avec les volcans dont certains sont très actifs comme l'Asama, l'Unzen, l'Usu, l'Aso, Oshima,  le Sakurajima,... C'est ainsi que les services géologiques du Japon ont dénombré pas moins de 227 centres éruptifs.
    En septembre 2000 les événements sismiques sous le volcan se sont accrus. De 1 à 2 par mois en moyenne, il y a eu : 35 séismes (septembre), 133 (octobre), 222 (novembre), décembre (144), janvier 2001 (36), puis tout est revenu dans l'ordre.
    Pour suivre les événements du Fuji le Volcano Research Center de l'université de Tokyo : http://hakone.eri.u-tokyo.ac.jp/vrc/erup/fuji.html

Pour la religion Shinto, les montagnes sont sacrées et le mont Fuji, le plus haut de tous est un dieu. En effet, selon la légende un empereur ordonna de détruire un élixir d’immortalité qu’il détenait au sommet d’une montagne. Ce fut le mont Fuji et la fumée qui continue à s’échapper du sommet serait cet élixir qui se consume. Selon une autre légende le Fuji représente la déesse des arbres en fleurs (Konohana Sakuya Hime), « Fleurissant radieuse comme les fleurs d’un arbre », qui voltige telle une nuée lumineuse au-dessus du cratère. Les bouddhistes vénèrent quant à eux sa forme qui rappelle le bouton blanc de la fleur sacrée car les huit pics, qui surmontent la cime sont semblables aux huit pétales du Lotus.

Ce volcan est très vénéré au pays du Soleil Levant, c’est d’ailleurs la montagne la plus gravie dans le monde puisque, chaque année, des centaines de milliers de pèlerins réalisent son ascension. La vénération du mont Fuji est apparue vers le début du VIIIe s après qu’un moine bouddhiste en réalisa la première ascension et les pèlerinages apparaissent au XIVe s. dans presque toutes les provinces il existe des sociétés de pèlerins « Fuji-Ko » qui organisent la visite du pic sacré.

Beau temps par un vent du Sud. Estampe tirée de la série des trente-six vues de Fugaku (Fuji-Yama)
Beau temps par un vent du Sud, planche n° 7 tirée des Trente-six vues de Fugaku (Mont Fuji)

Le mont Fuji, par sa forme si régulière, si limpide a inspiré de nombreux dessinateurs et peintres japonais. Ainsi, le célèbre dessinateur Hokusai réalisa une série remarquable d’estampes colorées, les Trente-six vues du mont Fuji (1829). Quelques années plus tard (1834) il gravera sous la forme de trois livres noir et gris les Cent vues du mont Fuji, où l’artiste représente le Fuji, toujours présents en toutes saisons et sous différents angles et dans différents contextes de la vie quotidienne qui se déroule au pied du volcan. Hokusai dessinera également le mont Fuji dans plusieurs mangas.


Une zone fumerolienne représentée par Hokusai, neuvième volume du Manga d'Hokusai (1819)

Un autre grand artiste, Hiroshige (1797-1858), illustra les pentes régulières du mont Fuji dans Les Cinquante-trois relais du Tokaido (1833-1834) et à la fin de sa vie Les Trente-six vues du mont Fuji (1852).

Estampe de la série des Cinquante-trois étapes de la route du Tokaido (1833-1834),  réalisée par Ando Hiroshige

 Estampe de Hiroshige (1797-1858), planche extraite des cinquante-trois stations du Tokaido (suite de 55 planches). Ici, nous avons l'estampe présentant le troisième relais, à Kawasaki, avec le bac de la rivière Rokugo. (Photo Copyright, Dominique Decobecq)

Références : - Marianne Grivel (1984) :  Hiroshige, un impressionniste japonais. Les albums du cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale. Editions Albin Michel.
- Matthi Forrer et Edmont de Goncourt (1988) : Hokusai. Editions Flammarion.