
Ce strato-volcan, le symbole du Japon (son altitude de 3 776 m
en fait la plus haute montagne du Japon) est également dénommé
Huzi, Huzi-san, Fuji-San (non mortel), Fugaku.
Le Fuji-Yama (dont le nom signifierait aussi « il n’y a pas d’autres
montagnes comme celle-ci », se situe au centre de l’île de
Honshu près de la côte orientale. C’est un stratovolcan, caractéristique
du volcanisme de subduction, dont la forme est celle d’un cône bien
symétrique, dont la base a un diamètre de 30 km pour un volume
de 870 km3. Plus d’une centaine de cônes adventifs, ou
cône de cendres, caractéristiques d'éruptions de type
strombolienne (nom tiré du Stromboli
dans les îles Eoliennes, ou îles Lipari)
parsèment les flancs du Fuji.

Voir des images du Mont Fuji.
Le sommet présente un cratère de 700 m de diamètre
pour une profondeur de 100 m. Une quinzaine d’éruptions se seraient
produites entre 781 et 1083 apr. J.-C. puis en 1511, et 1560. La dernière
éruption se déroula en 1707 avec l’apparition du cratère
Hoeizan sur le flanc sud-est du mont Fuji. Le Japon vit ainsi avec les
volcans dont certains sont très actifs comme l'Asama,
l'Unzen,
l'Usu, l'Aso, Oshima, le Sakurajima,... C'est ainsi que les services
géologiques du Japon ont dénombré pas moins de
227 centres éruptifs.
En septembre 2000 les événements sismiques
sous le volcan se sont accrus. De 1 à 2 par mois en moyenne, il
y a eu : 35 séismes (septembre), 133 (octobre), 222 (novembre),
décembre (144), janvier 2001 (36), puis tout est revenu dans l'ordre.
Pour suivre les événements du Fuji
le Volcano Research Center de l'université de Tokyo : http://hakone.eri.u-tokyo.ac.jp/vrc/erup/fuji.html
Pour la religion Shinto, les montagnes sont sacrées et le mont Fuji, le plus haut de tous est un dieu. En effet, selon la légende un empereur ordonna de détruire un élixir d’immortalité qu’il détenait au sommet d’une montagne. Ce fut le mont Fuji et la fumée qui continue à s’échapper du sommet serait cet élixir qui se consume. Selon une autre légende le Fuji représente la déesse des arbres en fleurs (Konohana Sakuya Hime), « Fleurissant radieuse comme les fleurs d’un arbre », qui voltige telle une nuée lumineuse au-dessus du cratère. Les bouddhistes vénèrent quant à eux sa forme qui rappelle le bouton blanc de la fleur sacrée car les huit pics, qui surmontent la cime sont semblables aux huit pétales du Lotus.
Ce volcan est très vénéré au pays du Soleil
Levant, c’est d’ailleurs la montagne la plus gravie dans le monde puisque,
chaque année, des centaines de milliers de pèlerins réalisent
son ascension. La vénération du mont Fuji est apparue vers
le début du VIIIe s après qu’un moine bouddhiste
en réalisa la première ascension et les pèlerinages
apparaissent au XIVe s. dans presque toutes les provinces il
existe des sociétés de pèlerins
Beau temps par un vent du Sud, planche n° 7 tirée des
Trente-six vues de Fugaku (Mont Fuji)
Le mont Fuji, par sa forme si régulière, si limpide a inspiré de nombreux dessinateurs et peintres japonais. Ainsi, le célèbre dessinateur Hokusai réalisa une série remarquable d’estampes colorées, les Trente-six vues du mont Fuji (1829). Quelques années plus tard (1834) il gravera sous la forme de trois livres noir et gris les Cent vues du mont Fuji, où l’artiste représente le Fuji, toujours présents en toutes saisons et sous différents angles et dans différents contextes de la vie quotidienne qui se déroule au pied du volcan. Hokusai dessinera également le mont Fuji dans plusieurs mangas.
Une zone fumerolienne représentée par Hokusai, neuvième
volume du Manga d'Hokusai (1819)
Un autre grand artiste, Hiroshige (1797-1858), illustra les pentes régulières du mont Fuji dans Les Cinquante-trois relais du Tokaido (1833-1834) et à la fin de sa vie Les Trente-six vues du mont Fuji (1852).
Estampe de Hiroshige (1797-1858), planche extraite des cinquante-trois stations du Tokaido (suite de 55 planches). Ici, nous avons l'estampe présentant le troisième relais, à Kawasaki, avec le bac de la rivière Rokugo. (Photo Copyright, Dominique Decobecq)
Références : - Marianne Grivel
(1984) : Hiroshige, un impressionniste japonais. Les albums
du cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale. Editions Albin
Michel.
- Matthi Forrer et Edmont de Goncourt (1988) : Hokusai. Editions
Flammarion.
