La chaîne de l’Erta Alé est, parmi les chaînes axiales
de l’Afar, la plus grande et la plus caractéristique (du nord au
sud, plus de 95 km et 42 km de large). Elle est localisée le long
de l’axe de la partie septentrionale de la dépression Danakil (jusqu’à
- 120 m sous le niveau de la mer) en Éthiopie, près de la
mer Rouge. Elle comprend six édifices volcaniques : Erta Alé,
Gada Alé, Alu-Dala Filla, Borale Alé, Hayli Gub, Alé
Bagu.
Cette zone désertique sans aucune végétation
est le domaine des laves avec une série alcaline complète
depuis des basaltes et des basaltes picritiques (riches en phénocristaux
d’olivine), jusqu’à des rhyolites et des trachytes en passant par
des termes intermédiaires.
La dépression de l’Afar (appelée Dancalie ou Danakil
dans sa partie nord) est une zone importante car à l’intersection
de trois limites de plaques lithosphériques.
Le volcan Erta Alé et son lac de lave
A la fin du mois d'octobre 2004, le lac de lave du cratère Sud était solidifié. Sa surface se trouvait à 15-20 m en dessous les lèvres du cratère. Le lac de lave du cratère Nord était également solidifié. Le 24 septembre 2005, suite à un important séisme, le lac de lave est réactivé.
L’Erta Alé est l’un des rares volcans en activité
avoir un lac de lave en fusion. Le cratère Sud a un diamètre
de 140 m, avec une profondeur de 90 m environ, avec au fond le lac de lave,
dont la profondeur varie. Parfois, comme ce fut le cas en février
et en avril 1972, le lac de lave monte du pit crater et déborde
: des coulées de lave s’épanchent alors sur le plancher de
la caldeira. En 1974, la surface de quasi-totalité de la caldeira
était recouverte de nouvelles coulée de basalte sur une épaisseur
de plusieurs dizaines de mètres
Ce volcan, si actif, est paradoxalement peu connu car il est
difficile d’accès en raison des problèmes géographiques
mais surtout politiques.
Les premières observations disponibles sur l’Erta Alé
remontent à 1841 et 1867, et la première ascension par un
européen date de 1873. C’est en 1906 que des lueurs sont décrites
pouvant faire penser à la présence de lave. Les premières
études scientifiques de l’Erta Alé remontent à l’hiver
1967-68 avec les expéditions du CNRS et du CNRI dans l’Afar dirigées
par Haroun Tazieff et G. Marinelli.
Ce volcan, comme toute la chaîne volcanique qui porte son nom, témoigne de l’émersion exceptionnelle d’une dorsale d’accrétion océanique. En effet, la zone de l'Afar est une région géodynamique très particulière. Cette dépression est le lieu de rencontre de trois rifts: un rift continental, le rift éthiopien, et deux rifts océaniques, la mer Rouge et le golf d'Aden.
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Références :
