L'origine des volcans

pour Aristote


...Mais pour se rendre compte de toute la puissance du souffle, il faut considérer non seulement ce qui a lieu dans l'air, mais encore ce qui se passe dans le corps des animaux. En effet, les convulsions et les spasmes sont des mouvements du souffle, et ils ont une force telle que les efforts conjugués de plusieurs personnes sont incapables de maîtriser les mouvements des malades. Il faut imaginer des phénomènes du même genre dans la terre, pour comparer une grande chose  une petite.

Le cratère Nord-Est de l'Etna, panache de cendres.Photo Dominique Decobecq
La preuve de ce que nous avançons a été fournie en plusieurs endroits et nous en avons eu nous-mêmes l'expérience.
C'est par exemple, ce qui s'est passé récemment près d'Héraclée, dans le Pont-Euxin, quelque temps auparavant dans l'île de Hiéra qui est l'une des îles qu'on appelle Eoliennes : en cet endroit, une partie du sol s'est gonflée et une masse ressemblant à une butte s'est soulevée avec fracas ; finalement, cette boursouflure explosa et un grand souffle en sortit qui projeta des flammèches et des cendres. Celles-ci ensevelirent toute la ville de Lipara qui se trouve non loin de là.
Il faut donc admettre que le feu qui se forme dans la terre a pour cause le fait que le choc enflamme l'air qui s'est préalablement réduit en fines molécules.

Aristote, Météorologiques, Livre II, tome I.
Texte établi et traduit par Pierre Louis
Paris, Les Belles Lettres, 1982